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Publié le par Apprenti Juriste

859286226_L.jpgEn visite chez mes arrière grands parents (que j'ai l'infinie chance d'avoir parmi nous), j'ai découvert dans leur bibliothèque une collection de livres dont le premier ouvrage s'intitulait « l'encyclopédie des parents modernes »; enfin relativement modernes puisque cette encyclopédie s'adressait aux parents de 1968. On y découvre une période pleine de révolutions dans le domaine du couple et dans celui de la famille.

 

Aussi surprenant que ça puisse paraître, au milieu de clichés anciens( il s'adresse par exemple quasi exclusivement à la mère), des positions d'une modernité surprenante pointent le bout de leur nez. Jugez plutôt avec ces quelques passages que je reproduit ci dessous. Le graissage et les passages en italique sont de votre serviteur.


« Le désirer

 

Plus ou moins violent, le désir d'être mère apparaît inévitablement chez une femme normalement constituée (et PAF). Ne pas vouloir d'enfant, c'est être contre nature (re-PAF) car la femme est physiologiquement conçue pour enfanter (uniquement ?). Ayant atteint l'âge d'être mère, une femme qui refoule son besoin de maternité et se prive volontairement, par égoïsme ou par crainte, des immenses joies que seul peut procurer un enfant, engage son équilibre physique et fait naitre en elle un véritable drame psychologique .

Dans l'espoir de mettre au monde un enfant ne trouve-t-on pas aussi chez une jeune femme le désir de faire don à son mari de ce qu'il y a de plus beau au monde, mêlé à la fierté de pouvoir porter le fils de l'être qu'elle aime, grand privilège que lui accorde la nature...

Il est bien rare de voir un ménage sans enfant parfaitement heureux. Fruit d'une union, l'enfant plus que le mariage préserve et lie solidairement le couple en lui donnant sa véritable raison d'être.

La religion chrétienne enseigne aux hommes à ne rien faire qui puisse empêcher la conception car la vie ne saurait se refuser. Mais ce n'est pas non plus faire la volonté de Dieu que d'avoir plus d'enfants qu'on ne peut en élever. La santé des époux, leur situation économique et sociale, l'espace vital qui leur est accordé les conditions d'époque ou de milieu dans lesquelles l'éducation des enfants pourra être faite et la nature de cette éducation sont les seules limites valables aux yeux de l'église. »

 

Un autre passage quelques pages plus loin :

 

« Pour être sure d'être enceinte, il vous est possible de pratiquer des examens de laboratoire. L'examen que l'on pratique le plus couramment « la lapine » peut être fait dès la constatation d'un retard des règles de quinze jours, c'est à dire correspondant à une grossesse de 3 ou 4 semaines.

En quoi consiste l'examen de la lapine ?

Il s'agit d'injecter à une lapine pubère vierge du sang ou de l'urine de la femme qui se croit enceinte. Quarante huit heures plus tard, si l'on constate une congestion de son système génital et des réactions hémorragiques sur les ovaires de l'animal, c'est que le sang ou l'urine de la femme contient des hormones hypophysaires qui ne peuvent être sécrétées qu'en période de grossesse : le test est positif.

Une réaction encore plus rapide peut être faite sur une grenouille mâle. L'injection de sérum ou d'urine dans le sac lymphatique dorsal de l'animal provoque l'apparition de spermatozoïdes dans le liquide cloacal. Cette réaction est intéressante par sa rapidité (trois heures). Mais elle est souvent infidèle et subit des variations saisonnières. Il sera prudent de la faire contrôler ensuite par la réaction de « la lapine ».

 

« Etre père

 

En général, l'homme n'éprouve pas de façon aussi intense que la femme le désir d'avoir un enfant. Aussi ne devez-vous pas reprocher son manque d'enthousiasme à votre mari. Il arrive cependant que ce soit lui qui, le premier manifeste le souhait d'avoir des enfants. Comme chez la femme, il y a chez l'homme un certain besoin de conformisme. »

 

Le contrôle des naissances

 

C'est dans ce passage que je pensais trouver le plus de clichés vieux jeu du style « ne forniquez point si ce n'est pour concevoir une large progéniture ou vous crèverez dans les flammes de l'enfer bande d'hérétiques ». En fait, les auteurs témoignent d'une position équilibrée et - si on met à part que les relations sexuelles pour le plaisir ou hors mariage ne sont même pas envisagées - très moderne.

 

« 

« Envoyez votre mari coucher au grenier », répondait il y a une cinquantaine d'années, un médecin américain à sa patiente qui lui demandait conseil sur la façon d'éviter d'être enceinte. Il venait de lui annoncer que toute nouvelle grossesse lui serait fatale, mais se gardait de lui donner l'information nécessaire pour prévenir la catastrophe.

 

Depuis les États-Unis et bien d'autres pays ont admis que la contraception était dans certains cas nécessaire à l'équilibre et au bonheur des femmes, du couple et des enfants.

 

En France, c'est à peu près en ces termes encore que les médecins sont tenus de répondre à leur patientes même lorsqu'ils savent que la grossesse sera pour elles à l'origine de troubles psychiques graves ou accroitra une maladie ou une déficience déjà existante, telle qu'une cardiopathie. Même en dehors de ces cas, pour des raisons tout à fait valables – d'ordre social économique ou psychologique -, il peut arriver qu'un couple sans enfant ou ayant déjà des enfants ne souhaite pas en avoir dans l'immédiat. Il n'est pas possible de déterminer a priori le nombre d'enfants que chaque foyer doit procréer et élever. La capacité d'assumer la charge d'enfants n'est pas la même du point de vue de tous, ni du point de vue moral, ni du point de vue matériel, et dépasser le nombre optimum peut conduire à la perte du sentiment paternel et maternel, à la détérioration de l'harmonie conjugale indispensable pourtant dans toute œuvre éducative.

 

Un enfant doit être désiré, chacun sait maintenant que pour bénéficier du maximum d'atouts au cours des premières années de son existence (dont l'importance se répercute sur toute la vie), l'enfant doit être désiré et arriver dans un foyer prêt à l'acceuillir.

Si le logement est exigu, si les ressources du ménages sont insuffisantes, si la mère est fatiguée par des grossesses trop rapprochées, elle n'a ni la sérénité ni le temps nécessaires pour dispenser au nouveau-né les soins et l'affection qu'il est en droit d'exiger et dont il a le plus grand besoin. »

 

Publié dans Un peu de tout

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lizier 22/04/2010 06:58



Bonjour,


Je suis graphiste, actuellement à Montréal seriez-vous intéressé par mes services pour différents travaux de graphisme. Voici mon site: http://www.nicolaslizier.com


Je vous remercie


bonne journée


Nicolas Graphiste



Apprenti Juriste 22/10/2010 12:42



Non merci, je n'ai pas les moyens de recourir à un Graphiste ! Et puis, il est très joli mon blog non ?


Je plaisante bien sûr, bon courage dans vos travaux.