Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /2009 11:02
Madame X est une immigrée d'origine Serbe. Arrivée dans les années 80, elle a depuis acquis la nationalité française. Elle a travaillé en arrivant, mais depuis longtemps n'a pas d'activité et vit grâce au RMI devenu RSA. Elle préside une association d'insertion d'immigrés serbes, financée par la mairie de Paris, ce qui lui paye entre autres son téléphone. Elle habite dans un deux pièces situé au coeur d'un quartier chic parisien, qu'elle peut s'offrir aisément puisque le loyer est sans concurrence : 850 francs soit 129,58 euros.
Pourquoi un loyer si faible ? C'est le principe du "bail de 48" . Il est soumis à la loi du 1er septembre 1948 qui a pour effet de maintenir le prix du loyer pendant toute la durée de l'occupation (voir chapitre III) . C'est ce qui explique la faiblesse du loyer pour un deux pièces à Paris. Son article 3-9 dispose « la faculté de résiliation appartient au seul preneur à la fin de chaque année ». Si bien que l'éviction de locataire en loyer de 48 est devenu un métier tant l'écart entre la valeur d'achat et la valeur de revente est importante. Le législateur a souhaité mettre un terme aux baux conclus sous l'empire de cette loi par la loi n°86-1290 du 23 décembre 1986.  Il est dorénavant impossible de transmettre le bail à ses héritiers, le bail en loi de 48 s'éteint nécessairement avec le décès du preneur.
Le deux pièces est dans un très mauvais état, et les voisins se plaignent des nuisances, en particulier concernant les risques d'incendie, d'inondation et sanitaires. L'appartement change de main et les nouveaux propriétaire (Monsieur et Madame Y) ont la ferme intention de se débarrasser de ce locataire indésirable.
Ils font d'abord faire un constat par un huissier de justice qui révèle un état déplorable de l'appartement. Celui-ci est rempli jusqu'au plafond d'immondices. Ce constat fait également apparaître que l'appartement est inoccupé, pas de lit, pas de denrées alimentaires, pas de consommation électrique...
Monsieur et Madame Y demandent alors la résolution du bail devant le Tribunal d'Instance.
Entre temps, le comité d'hygiène et de sécurité (CHS) de la ville de Paris est prévenu à cause des risques d'incendie. En effet, les immondices en plus d'attirer rats et autres cafards dégagent en putréfiant des fumées qui déclenchent les détecteurs de fumée de l'immeuble. Un deuxième constat d'huissier est prévu, sur demande du juge, cette fois-ci en présence de l'avocat de Mme X et du CHS.
Cette fois-ci, Mme X est présente. Sommée de s'expliquer sur l'absence de lit et l'inhabilité de l'appartement, elle explique qu'elle ne fait que « passer de temps à autre ». Une fois sortis de l'appartement, Mme X explique à l'Huissier de justice sidérée qu'elle attends de Mme Y 50.000 euros pour partir. Le procès a lieu un mois plus tard.
Durant l'audience, le juge est particulièrement stupéfait par les photos du constat d'huissier.

Ci- dessous, la décision de justice, les passages en italique sont de moi, le reste constitue le texte du jugement.

FAITS ET PRETENTIONS DES PARTIES


Selon acte sous seing privé du 19 décembre 1986, Monsieur A a donné en location à Madame X un logement situé ***, moyennant un loyer trimestriel révisable de 850 francs soit 129,58 euros.

Tout d'abord, définissons l'acte sous seing privé, il s'oppose à l'acte authentique en ce sens qu'il est un document sans valeur juridique particulière. Si vous prenez une feuille, que vous mettez votre nom, la date, et que vous y écrivez des informations qui ont un contenu juridique cohérent, vous êtes l'auteur d'un acte sous seing privé.

Selon acte authentique du 30 janvier 2008, Monsieur Emmanuel Y et Madame Corinne B épouse Y ont acquis ledit logement.

Voilà le fameux acte authentique, c'est l'acte « qui a été reçu par des officiers publics ayant le droit d'instrumenter dans le lieu où l'acte a été rédigé, et avec les solennités requises ». Il tire de ces conditions une valeur supérieure à celle de l'acte sous seing privé. En l'espèce, il s'agit d'un acte de vente tout ce qu'il y a de plus classique.

Le 30 septembre 2008, le bailleur a fait délivrer à la locataire un commandement de payer visant la clause résolutoire prévue au bail et la mettant en demeure d'avoir à régler la somme principale de 571,62 euros, outre les frais, au titre des loyers échus à la même date.

Un « commandement de payer » est un document délivré par un huissier de justice qui somme le débiteur d'une dette de s'acquitter de celle-ci. C'est la première étape à une procédure contentieuse qui permettra de récupérer la dette de force si le débiteur rechigne à vous payer ce qu'il vous doit. En l'espèce, le commandement de payer est un peu particulier puisqu'il vise « la clause résolutoire ». Cette clause est insérée dans la quasi-totalité des baux.
Elle prévoit que si le locataire ne paie pas ses loyers, le bail est résolu de plein droit et après une durée prévue dans cette clause (en général deux mois). Après cette durée, le propriétaire peut donc expulser le locataire sans passer par un juge.
En l'espèce, la locataire a fini par payer son loyer ce qui a empêché l'expulsion pour ce motif.


Par ordonnance du 30 avril 2009, le Président du Tribunal de ce siège a autorisé l'accès au domicile de Madame X et donné mission de dresser un état des lieux dudit appartement.

C'est une procédure particulière dont il s'agit ici puisqu'il est question de l'ordonnance de référé. C'est une décision d'urgence prise par le Président du Tribunal du ressort duquel le bien dépends.

Un procès-verbal de constat sur ordonnance a été établi par Maitre Z, huissier, le 11 mai 2009.

C'est ce que le juge a autorisé juste au dessus.

Par acte d'huissier du 23 décembre 2008, Monsieur Emmanuel Y et Madame Corinne B épouse Y ont fait assigner Madame X devant le tribunal de ce siège, auquel il est demandé, au vu des conclusions déposées à l'audience et reprises oralement, de :

- prononcer la résiliation judiciaire du bail,
- dire que la locataire ne peut plus bénéficier du maintien dans les lieux,
- ordonner en conséquence l'expulsion de la défenderesse ainsi que celle de tous les occupants de son chef, au besoin avec le concours de la force publique et d'un serrurier,

« les occupants de son chef » : Cela désigne l'ensemble des habitants du logement : enfants, amis, conjoint...
Force publique : La police ou la gendarmerie tout simplement !


 - réduire le délai fixé à l'article 62 de la loi du 9 juillet 1991

Il dispose : "Si l'expulsion porte sur un local affecté à l'habitation principale de la personne expulsée ou de tout occupant de son chef, elle ne peut avoir lieu, sans préjudice des dispositions des articles L. 613-1 à L. 613-5 du code de la construction et de l'habitation, qu'à l'expiration d'un délai de deux mois qui suit le commandement." Le texte poursuit ainsi « Toutefois, par décision spéciale et motivée, le juge peut, notamment lorsque les personnes dont l'expulsion a été ordonnée sont entrées dans les locaux par voie de fait ou lorsque la procédure de relogement effectuée en application de l'article L. 442-4-1 du code de la construction et de l'habitation n'a pas été suivie d'effet du fait du locataire, réduire ou supprimer ce délai. » L'avocat demande donc ici la réduction de ce délai comme le prévoit le texte ci-dessus.


- ordonner l'exécution provisoire

C'est à dire que la décision va pouvoir être exécutée, même si le défendeur fait appel. En cas de victoire de ce dernier en appel, un restitution sera effectuée.

- condamner la défenderesse à leur payer la somme de 2000 euros en application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile

Celui-ci dispose "Comme il est dit au I de l'article 75 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
Le « perdant » va verser au « vainqueur » des indemnités qui ont pour but de compenser les frais de justice (honoraires d'avocat, constat d'huissier...) que celui-ci a du engager alors qu'il était dans son bon droit.


- condamner la défenderesse au paiement des entiers dépens.

Ce sont tous les frais qui vont être nécessaires à l'exécution de la décision de justice. En l'espèce, il va falloir payer un huissier de justice pour l'expulsion et un serrurier pour forcer la porte.

Le délai

A l'audience du 28 septembre 2009 au cours de laquelle l'affaire a été retenue, Monsieur Emmanuel Y et Madame Corinne B épouse Y, représentés par leur conseil, ont déposé des conclusions qu'ils ont reprises oralement et ont soutenu que le logement sert de dépotoir à la locataire et qu'elle n'y habite pas.

Madame X, assistée de son conseil, s'oppose à l'ensemble des demandes et soutient que l'appartement est insalubre et nécessite des travaux à la charge des bailleurs et qu'il est en désordre mais ne contient pas de détritus.
L'affaire a été mise en délibéré au 9 novembre 2009.

Cela signifie que les juges ne rendent pas le verdict immédiatement mais reportent celui-ci à une date ultérieure.

MOTIFS

Il convient de constater que le contrat du 19 novembre 2008 a été retiré des débats avec l'accord des demandeurs.

Sur l'expulsion


L'article 1728 du code civil énonce que le preneur est tenu d'user de la chose louée en bon père de famille et suivant la destination qui lui a été donnée par le bail.

La notion de « bon père de famille » est omniprésente en droit français, mais pas seulement, le droit anglo-saxon connait une notion équivalente ou le père de famille devient le « reasonnable man ». C'est le comportement qu'aurait une personne respectueuse, le comportement qu'on est en droit d'attendre d'un locataire, par exemple.

Le procès verbal de constat sur ordonnance établi le 11 mai 2009 par Maitre Z, huissier, met en évidence un encombrement très important de l'appartement et une odeur pestilentielle.

Les photographies annexées au constat révèlent que toutes les pièces du logement son envahies par des objets divers, détritus, sacs plastiques, cartons, revues dont l'amoncellement atteint le plafond et rend impossible tout déplacement dans l'appartement, l'huissier indiquant d'ailleurs que la prise de photographies est rendue difficile par le manque de recul dû à l'encombrement.

Dans son arrêté du 12 juin 2009 faisant injonction à Madame X de débarrasser, nettoyer, désinsectiser et désinfecter le logement, le Préfet de Paris a considéré que cette situation constituait « un risque d'épidémie et un danger imminent pour la santé des occupants et du voisinage ».

Par courrier du 8 septembre 2009, la mairie de PARIS informe les bailleurs que l'intervention de l'entreprise de nettoiement durera trois jours, ce qui donne l'exacte mesure de l'encombrement de l'appartement qui ne comprend que deux pièces.

Madame X ne peut prétexter que l'appartement serait insalubre dans la mesure ou elle ne justifie d'aucune réclamation à ce titre auprès des bailleurs.

Il ressort de ces éléments que Madame X ne respecte pas l'obligation de mise à sa charge par les dispositions susvisées et il convient de prononcer la résiliation du bail du 19 décembre 1966 et de prononcer son expulsion

Sur la suppression du délai prévu par l'article 62 de la loi du 9 juillet 1991

L'article 62 de la loi du 9 juillet 1991 portant réforme des procédures civiles d'exécution dispose que, par décision spéciale et motivée, le juge peut réduire ou supprimer le délai de deux mois suivant le commandement d'avoir à libérer les lieux.

L'accumulation d'objets divers et détritus dans l'appartement et l'odeur qui s'en dégage rendent impossible toute occupation des lieux et l'huissier a constaté que la locataire lui a indiqué qu'elle ne fait qu'y passer de temps à autre.

Dès lors, la locataire n'habitant pas les lieux, le délai sera réduit à sept jours.

Il n'y a pas lieu de transmettre la présente décision au représentant de l'Etat dans le département en application de l'article 62 alinéa 3 de la loi du 9 juillet 1991.

Sur la demande au titre des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile

L'équité impose de condamner Madame X à payer à Monsieur Emmanuel Y et Madame Corinne B épouse Y, qui ont été contraints de recourir à la justice pour faire valoir leurs droits, la somme de 1200 euros au titre des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile.

Sur l'exécution provisoire

L'exécution provisoire est compatible avec la nature de l'affaire et sera ordonnée.

Sur les dépens

Madame X sera condamnée aux dépens, lesquels comprendront notamment les frais exposés pour parvenir à l'expulsion

PAR CES MOTIFS LE TRIBUNAL
,

Statuant après débats en audience publique, par jugement contradictoire et en premier ressort,

CONSTATE que le constat du 19 novembre 2008 a été retiré des débats ;

PRONONCE la résiliation du bail consenti à Madame X le 19 décembre 1986 portant sur un logement situé *** ;

ORDONNE l'expulsion des lieux loués de Madame X ainsi que de tous les occupants de son chef, au besoin avec le concours de la force publique et d'un serrurier ;

ORDONNE la réduction à sept jours du délai prévu par l'article 62 de la loi du 9 juillet 1991 portant sur réforme des procédures civiles d'exécution ;

DIT qu'il sera disposé des meubles conformément aux articles 65 et 66 de la loi du 9 juillet 1991 relative aux procédures civiles d'exécution ;

DIT n'y avoir lieu à transmission du présent jugement au représentant de l'Etat dans le département en application de l'article 62 alinéa 3 de la loi du 9 juillet 1991 ;

CONDAMNE Madame X à payer à Monsieur Emmanuel Y et à Madame Corinne B épouse Y la somme de 1200 euros en application de l'article 700 du code de procédure civile ;

REJETTE toute demande autre, plus ample ou contraire ;

ORDONNE l'exécution provisoire du présent jugement ;

CONDAMNE Madame X aux dépens, lesquels comprendront notamment les frais exposés pour parvenir à l'expulsion ; Ainsi jugé et prononcé par la mise à disposition au greffe du 9 novembre 2009
Par Apprenti Juriste - Publié dans : Droit
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Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /2009 16:24

L'après midi de mon arrivée à Shanghai, je retourne chez le tailleur pour chercher les costumes (et chemises) sur mesure que j'ai fait faire. Le travail est parfait, rien à redire. J'en profite pour flâner dans le quartier, faire d'autres achats et surtout, j'essaye ce qu'un ami américain appelle la « stick food ». Ce sont des sortes de commerces ambulants qui vendent de la nourriture sous forme de mini brochettes. Il est possible de mettre des légumes dessus, de la viande et même des calamars. En plus d'être incroyablement bon marché, c'est délicieux !

 

Shanghai abrite un musée flambant neuf (comme l'intégralité de la ville à vrai dire), le « Shanghai Museaum ». Pour y accéder, je passe à travers une machine à rayon X qui vérifie le contenu de mon sac. Jusque là rien d'extraordinaire, ce qui change de d'habitude est qu'on me demande de boire une gorgée du thé que je transporte pour vérifier que ce ne sont pas des explosifs. Apparemment les explosifs comestibles n'existent pas encore ! Le musée en lui même est tout ce qu'il y a de plus moderne et luxueux. Les collections sont riches, essentiellement de l'art chinois sous formes de poteries, de vases, de calligraphie, de tableaux sur toile de soie...

 

Le jour suivant, je visite les deux plus grandes tours de Shanghai. La première est composée dans sa première moitié de bureaux et dans sa plus haute partie elle héberge l'hotel Hayat. La plus haute est quand à elle exclusivement un hôtel avec une piscine, un restaurant et un bar dans les étages les plus élevés. La vue d'en haut est absolument époustouflante et permet de se rendre compte de l'immensité de la ville. Un coup d'oeuil par la fenêtre fait passer La Défense pour une bourgade de province.

 

Dans l'hôtel hayat se trouve une sorte de cour intérieure qui fait la même taille que le batiment. Ce qui fait que quand vous vous penchez au balcon du 83e étage, vous admirez 400 m de profondeur, avis aux personnes sujettes à vertiges.

Shanghai est également la ville du shopping, il y a des magasins partout, des centre commerciaux sur 15 étages, des galeries marchandes tellement étendues qu'une fois (à la station de métro people square) j'ai passé plus d'une demi heure à en trouver la sortie. Il y a deux types de shopping à Shanghai, les grands magasins avec des prix déterminés à l'avance et les petits ou les prix sont intégralement négociables. En général, les grands magasins sont plus chers que les meilleurs tarifs qu'on peut obtenir dans les petites boutiques mais il y a l'inconvénient de devoir négocier à chaque fois. Parfois la négociation est agréable et d'autre fois, elle prends plutôt la forme d'une discussion musclée, dans tous les cas, c'est un art.

Pour commercer, je conseille de ne pas demander le prix mais de proposer votre propre prix, cela permettra de gagner du temps. Proposer un prix légèrement en dessous de celui que vous souhaitez obtenir mais pas trop bas pour que le vendeur ait l'espoir de faire une bonne vente. Pour avoir un référentiel, c'est grosso modo 1/10 du prix français en ville (il y a juste à changer la monnaie) et 1/15 à la campagne. Attention, je ne parle ici que des produits manufacturés, la nourriture échappe à cette règle.

 

Ensuite, le vendeur va vous proposer un prix élevé qui sera en général le double du votre. La commence la négociation.
Plusieurs techniques s'offrent à vous. La première et la plus simple (mais pas la plus efficace) consiste à répéter votre prix jusqu'à ce que le prix du vendeur baisse assez et ensuite faire une concession pour vous rejoindre. La deuxième consiste à critiquer le produite ou à prétendre que vous l'avez eu pour beaucoup moins cher ailleurs. La troisième -ma préférée- consiste à prétendre que vous ne pouvez payer ce prix là et que vous aller acheter dans un autre magasin, puis de sortir du magasin. 90 % du temps on vous rattrapera en vous accordant votre prix. Attention cependant à ne pas utiliser cette technique trop tôt. Si le vendeur a passé du temps avec vous, il vous rattrapera et vous proposera le prix que vous souhaitez ou un prix s'approchant.
Pour le reste, il faut y aller au flair, en particulier en ce qui concerne la qualité qui est loin d'être omniprésente.

 

Il est temps de prendre mon vol de retour. Pour aller à l'aéroport, j'emprunte le maglev, un train électromagnétique (mettre un lien) capable d'atteindre 500 km/h.  Les accélérations sont stupéfiantes et le trajet d'une rapidité sans concurrence.

 

De retour en France, je redécouvre mon propre pays à la lumière de tout ce que je viens de voir en Chine. Ma première réaction est que les transports en communs francilien font vraiment penser à un pays sous développé. C'est vieux, sale, et plein de tags. Ce qui surprends également c'est le sentiment d'insécurité. Je ne m'en étais jamais rendu compte mais il n'y a pas de loubards en Chine, il est possible de se balader à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit n'importe ou dans le pays sans une seconde ne pas se sentir en sécurité. Parmi les bons coté, il est très agréable de retrouver un climat favorable, une gastronomie fabuleuse et au delà de tout ça, le calme bien mérité...

Par Apprenti Juriste - Publié dans : Voyage en Chine
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Samedi 5 septembre 2009 6 05 /09 /2009 15:45

Il est temps de rejoindre la gare ou un train nous attends pour Xi An au centre de la chine, là ou se trouve la fameuse « armée enterrée ». D'abord, il n'y a pas de station de métro à la gare. Ayant peur de ne pas se retrouver en prenant deux taxis et ne trouvant pas de bus, nous décidons de faire le trajet à pied. 4 kilomètres qui en paraissent 40 tellement nos pieds sont fatigués.

Arrivés à la gare, c'est encore pire, une bousculade intervient. Des individus aux airs de paysans se mettent à pousser de toutes leurs forces pour rentrer plus vite. Devant moi un homme tombe à terre et juste à coté de moi un enfant de 4 ans manque d'être écrasé alors que sa mère hurle de peur. Je prends l'enfant dans mes bras et me fraye un chemin jusqu'à un endroit plus calme. Il me regarde avec des grands yeux, reste infiniment silencieux. Il a un plâtre à son bras droit, peut-être est-il venu en ville pour se faire soigner. Je repose le petit bon'homme à terre à coté de sa mère qui ne sait comment me remercier.

 

Pour comprendre le comportement de ces gens, il faut comprendre le fonctionnement des déplacements en Chine. Les paysans vont dans les villes en espérant trouver du travail, une fois par an, ils retournent dans leur famille à la campagne. Or cette gare (Pékin Ouest) propose exclusivement des trajets vers l'intérieur de la Chine. Dans ces villes, ils vivent dans des conditions de vies très difficiles, plus dures encore que celles qu'ils connaissent à la campagne. En plus de leur conditions de vie insalubre, ils sont exploités et les temps étant durs, ils ont de plus en plus de mal à trouver du travail, ce qui tend à expliquer leur manque de civisme.

Il y a vraiment deux chines, celle de ceux qui ont fait des études, vivent au coeur des grandes villes, possèdent les entreprises et ont voyagé et celle très majoritaire des pauvres gens qui tentent de survivre en vendant leur force de travail pour une misère. Pour plus d'informations sur le sujet, je conseille un excellent article d'Anita Chan, auteur de nombreux ouvrages sur la question.

 

Nous entrons dans la gare, le plus dur est passé... du moins c'est ce que nous croyons. Dans la gare une boutique de souvenir nous permet d'acquérir la panoplie des parfaits touristes à moindre frais. Parmi nos achats, une montre avec Mao dessus, une peluche qui marche toute seule, un miroir avec la muraille de chine, une représentation en verre du stade olympique (le fameux nid d'oiseau)... Nous descendons ensuite sur le quai et trouvons sans mal notre wagon. Devant chaque wagon, un employé de la gare attends au garde à vous. La mauvaise surprise arrive une fois entrés dans le wagon. Ce ne sont pas des couchettes comme nous l'avions demandé mais...de simples sièges...

 
Comme à chaque fois, les mauvais moments sont suivis de bons. Vers 0h30, un jeune homme d'une quinzaine d'années se met à marcher d'un bout à l'autre du wagon en titubant mais sans prononcer un mot. Je pense dans un premier temps à un somnambule. Ensuite, il se place au milieu du wagon avec ses écouteurs sur les oreilles et se met à chanter en bougeant la tête. La musique est du Linkin park. Il chante plusieurs chansons, je parviens à le filmer et pour être plus sûr, une passagère française à coté de moi le filme également. Au bout de 4 chansons, il réalise que nous le filmons et vient nous voir. Il a l'air embarrassé d'avoir été filmé et quand nous lui demandons s'il veut que nous lui envoyons la vidéo, il réponds qu'il « chante pour être heureux ». Il repart les larmes aux yeux puis se remet à chanter.

 

La fin du trajet se déroulant de jour, elle me permet de découvrir la chine de l'intérieur, ou les gratte ciel sont remplacés par des chèvres, les voitures par des charrettes. La sortie de la gare de Xi an est encore plus impressionnante, passer de Pékin à Xi an, c'est passer du 21e siècle au 19e. Beaucoup de gens sont dans les rues, sur le sol. La pauvreté est beaucoup plus sensible que dans les grandes villes.

Nous prenons le bus pour nous rendre sur le lieux des soldats enterrés appellé terracotas. Le trajet dure environ une heure et est riche d'enseignements. C'est enfin l'occasion de découvrir la chine de l'intérieur, celle capable de produire des produits manufacturés pour le monde entier à des prix défiant toute concurrence. Aussi surprenant que cela puisse paraître, je l'ai trouvée plus agréable. La population est moins dense, moins stressée et du coup très souriante, l'air est beaucoup plus respirable. La pauvreté se ressent également sur les prix des objets que nous achetons. Les mêmes objets coutent entre 3 et 10 fois plus cher à Shanghai.

La visite du site en elle même n'est pas sensationnelle. On s'attend à voir des immense rangées de soldats, on nous a annoncé des nombre impressionnants, en fait rien de tout ça. Le plus grand hangar est certes assez étendu mais seule une partie est remplie de soldats. En tous cas, cela ne vaut pas le coup de faire 2000 km pour voir cela. D'autant plus que l'entrée est relativement chère (90 yuan par personne soit un peu plus de 9 euros) pour ne voir que quelques statues. Ceci dit, je peux comprendre que certaines personnes connaisseuses de l'art et l'histoire chinois puissent trouver ce site renversant, ce ne fut pas mon cas. A la visite du musée, j'ai de loin préféré le trajet en bus à travers toute la campagne.

De retour à la gare, j'avale la glace d'une grande chaine de restaurants américains qui décidément a réeussi à s'implanter partout. Dans le train, je connais à nouveau les joies d'un vrai lit. Cela fait si longtemps, c'est si agréable !

Par Apprenti Juriste - Publié dans : Voyage en Chine
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Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /2009 10:36

 L'arrivée à Pékin se fait dans la douleur. D'abord je me fais réveiller à 6h30 avec l'ouverture automatique des lumières et une voix criarde qui annonce l'arrivée prochaine. Une fois sortis du train, personne ne parle anglais, personne n'est capable de nous indiquer comment aller à la grande muraille. Ne pouvant rentrer dans un seul taxi à cause de notre nombre, nous nous rendons à la station de métro ou nous tombons enfin sur un ingénieur anglophone qui ne peut pas nous répondre mais qui a la gentillesse de demander les informations pour nous en Mandarin.

 

Il nous indique une station de métro d'ou on peut prendre le bus. A cette station de métro il nous faut encore un bon quart d'heure pour enfin atteindre ce fameux bus. Il est alors 9h. Le bus met un peu plus d'une heure pour atteindre la grande muraille à un endroit appelé «  Ba da ling »qui est le plus proche de Pékin. Le bus nous dépose à un grand parking avec des dizaines de bus. Il faut monter 200 m à pied avant d'accéder à une sorte de grand huit mais qui ne fait que monter les passagers à la muraille. Arrivés en haut, nous comprenons à quel point cet excursion n'avait que peu intérêt, il y a du brouillard partout et la seule chose que l'on voit est un mur qui sans faire de mauvais jeu de mot, ne casse pas des briques. D'autant plus que ce n'est pas le mur original, simplement une portion reconstituée pour les touristes et dont le prix d'accès est en conséquence. La photo que je met ici est ce à quoi aurait du ressembler la muraille avec une météo différente.

 

De retour à Pékin, nous allons visiter le palais d'été. Cette fois-ci, c'est une bonne idée. C'est en fait un immense lac artificiel avec le long de ses berges des centaines de petits palais. Le panorama est absolument magnifique et l'air beaucoup plus respirable que dans le reste de la ville.


Le lendemain, nous nous levons tôt pour visiter le mausolée de Mao qui est, d'après ce que nous avons entendu, un endroit très couru. C'est un euphémisme, quand nous arrivons à 9h, la file d'attente fait déjà plus d'1 km. C'est un escargot qui occupe une grande partie de la place Tien Anmen (qui est quand même la plus grande place du monde !). La ferveur des chinois pour Mao est impressionnante. L'attente de plus d'une heure et demi se passe sous une pluie battante ce qui rends ce moment relativement désagréable. On nous indique que pour rentrer dans le mausolée, il faut se munir d'une pièce d'identité et n'amener ni sac, ni d'appareil photo. Nous rentrons enfin dans ce mausaulée. A l'entrée se trouve une statue blanche qui représente Mao assis. Devant elle, des centaines de fleurs déposées par les « fidèles ». La pièce suivante est le cœur du mausolée. C'est là que se trouve le corps de Mao. Il est protégé par une première vitre à l'intérieur de laquelle de trouve un tombeau de verre qui ressemble un peu à celui de blanche-neige. Devant le tombeau, deux soldats immobiles (la photo ci dessus correspond à une ancienne version du mausaulée par rapport à ce que j'ai vu). Le corps de Mao est allongé, habillé de son uniforme caractéristique, il est recouvert d'un drap rouge sur lequel sont dessinés la faucille et le marteau. Nous avançons pour nous diriger vers...la sortie. Ça y est, 30 secondes de visite pour 1h30 d'attente sous la pluie... Si il y a une chose à visiter à Pékin...ce n'est pas le Mausolée !

 

Nous nous séchons ensuite dans un restaurant chinois situé à l'intérieur du palais impérial que nous nous apprêtons à visiter. Quand nous ressortons le ventre plein (de riz) la pluie à cessé et laisse même place à un soleil agréable. La visite du grand palais s'annonce plus réjouissante. Et effectivement elle l'est. C'est un endroit incroyable par sa grandeur, c'est une ville à lui tout seul. Les bâtiments sont gigantesques, les places immenses. Ce qui fait que même si les visiteurs sont nombreux, on n'est pas sans cesse écrasé par la foule. Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur ce palais, je signale l’existence d’un reportage de National Geographic intitulé « Inside the forbidden city » dont j’ignore s’il a été traduit en français mais qui est ce que j’ai trouvé de mieux dans le genre.

 

A la sortie du palais, mon frère qui est malade depuis la veille se sent mal, nous nous mettons donc en quête de paracétamol pour le soulager. Ce qui pourrait paraître très simple devient tout de suite très compliqué. Après avoir demandé à quelques groupes d'occidentaux s'il n'en avait pas sur eux, un Russe nous indique le numéro de la police qui sert apparemment aussi d'agence de renseignements. Au téléphone un interlocuteur anglophone nous annonce l'arrivée imminente de policiers avec les médicaments désirés... Ce fut trop beau pour être vrai, les policiers en question ne se montreront jamais.

Nous décidons alors de demander à d'autres policiers placés devant la sortie du palais mais ils ne parlent pas un mot d'anglais et nous passons une demi heure à discuter dans nos langues respectives sans jamais nous comprendre. Au bout d'une demi heure, allelujah, un couple composé d'un italien et d'une chinoise qui parlent tous les deux à la fois anglais et chinois nous servent de traducteurs. Allelujah bis, ils ont même du paracétamol sur eux dans une boite avec tout le nécessaire pour se soigner de n'importe quelle maladie !

 

Il est maintenant temps de nous diriger vers la cité olympique. Nous y allons en métro qui sera le seul moyen de transport que nous utiliserons, étant trop nombreux pour le taxi et pas assez mandarinophone pour les bus dont les destinations ne sont pas traduites en anglais. Le quartier des stades olympiques ayant été construit intégralement pour l'évènement, il est très simple de s'y reprérer, les inscriptions étant toutes doublées en anglais. Les stades sont impressionnants en particulier le fameux nid d'oiseau et le « cube » qui a servi pour les épreuves de natation et est maintenant reconverti en complexe de spectacles aquatiques.

Par Apprenti Juriste - Publié dans : Voyage en Chine
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Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /2009 10:24

De retour à Hong-Kong, je prends le train de nuit pour Shanghai. Départ 15h, arrivée prévu 11h du matin. Cette fois-ci, pas vraiment de rencontres, si ce n'est la famille de chinois avec laquelle je partage ma cabine qui se fait une joie de m'entendre balbutier les quelques mots de mandarin que j'ai pioché ça et la.

 

A Shanghai, je profites de mon passage à la gare pour acheter les billets de train pour le reste de mon voyage. Ayant du mal à me faire comprendre de mon interlocutrice, je m'attarde un peu au guichet ce qui provoque l'agacement de plusieurs personnes dans la file. L'un se met à pousser des cris qui seraient ceux d'un hybride singe-oiseau à notre encontre. C'est ça aussi la chine populaire, un certain nombre de gens, systématiquement des hommes, qui se comportent comme des pourceaux.

 


Le lendemain, je vais en taxi dans le quartier des tailleurs. C'est en fait un immeuble rempli des dits tailleurs dont les échoppes regorgent de tissus. C'est un endroit dans lequel vous pouvez faire n'importe quel vêtement sur mesure. C'est absolument fabuleux, vous venez avec une photo d'un vêtement que vous voulez, on vous le fait. J'en profites pour me faire fabriquer deux vestes, quatre pantalons et six chemises, le tout sur mesure et pour moins de deux cents euros. Le trajet du retour s'effectue en taxi et j'ai ainsi l'occasion de découvrir à quel point la concentration de population de Shanghai s'étends sur des dizaines de kilomètres. Il y a des barres d'immeubles à perte de vue.

 

Je découvre ensuite le carrefour à la sauce chinoise. Ça ressemble à un carrefour occidental à plusieurs différences près. D'abord, il y a du personnel partout. Dans chaque rayon un employé vous montre comment vous servir des produits et est à votre disposition pour des questions. Il existe aussi des rayons de produits importés d'europe aux prix prohibitifs, en particulier pour la Chine. J'y trouve par exemple un paquet de granola à 2,50 euros ou un pot de sauce pesto à 5 euros. Je remplis mon sac à dos de cochonneries pour le voyage de ce soir au rayon des produits chinois qui souvent sont des copies strictement identiques vendues au dixième du prix.

 

A la gare, nous rencontrons un chinois qui parle... allemand ! Le pire c'est qu'il le parle à la perfection, en fermant, les yeux on se croirait presque à Munich. C'est un peintre qui a une galerie d'art à Munich. Il y a vécu 20 ans et y a fait trois filles qu'il habille comme des princesses.

 

Nous arrivons au train qui nous mène à Beijing (Pékin). C'est un train d'une modernité prodigieuse. C'est à ce jour le train de nuit le plus abouti que j'ai vu de mon existence. Il y a du personnel habillé en hotesse de l'air, des écrans plats sur lesquels sont indiqués des informations telles que la vitesse actuelle, la gare dans laquelle le train est en train de s'arrêter. Des casques sont fournis pour regarder la télévision qui comporte plusieurs chaines nationales.

L’une d’entre elles passe en boucle un clip de propagande à la gloire du pays dans lequel on voit non seulement les monuments et des enfants joyeux mais aussi des défilés militaires, la première fusée chinoise lancée en septembre 2008 , les trains les plus modernes et les infrastructures construites pour les jeux olympiques de 2008.

Par Apprenti Juriste - Publié dans : Voyage en Chine
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Samedi 29 août 2009 6 29 /08 /2009 14:52

Macao, la ville ou (presque) tout est beau

 

Avant de quitter définitivement Hong-Kong, je fais un tour à Macao qui est accessible en une heure de bateau. Les bateaux sont à la fois très rapides et confortables comme le montre la photo ci-contre.


Le premier contact que j'ai avec Macao fut un formulaire en cantonnais / portugais / anglais qui vise à s'assurer que je n'amène pas la grippe H1N1 dans leurs casinos. Premier contact avec la douane également puisque Macao est une zone administrative spéciale chinoise. Elle a le même statut que Hong-Kong et taiwan suivant le fameux principe « un pays, deux systèmes ». Ce statut donne à Macao une indépendance presque sans limites pour les cinquante ans qui suivent la signature de l'accord avec le portugal, le 20 décembre 1999. Macao a sa monnaie, son système de l'immigration, sa police, ses tribunaux. Les décisions qu'ils rendent sont de dernier ressort, c'est à dire qu'aucun tribunal chinois ne peut connaître des décisions de justice prises par les juges à Macao.


Macao fut en effet une colonie portugaise depuis le XVIe siècle. Le Portugal contribua au développement important de ce petit bout de terre en en faisant un comptoir commercial. De cette époque, Macao a gardé de nombreuses églises, l'architecture d'une partie de son territoire ainsi que sa monnaie : le Pataqa, dont la valeur est indexée sur celle du Hong-Kong dollar. Elle a gardé également un sens des affaires qui lui est bien utile maintenant que des centaines de millions d'euros affluent. L'économie de Macao est d'une simplicité redoutable, elle se base sur : les casinos, les casinos, les casinos. Ils sont (parmi) les plus beaux du monde et engrangent des chiffres d'affaires indécents. Des infrastructures se sont construites autour de ces casinos comme les hôtels, les magasins de luxe.


En attendant de passer la douane, nous rencontrons une jeune femme qui vient de terminer son Master à Clermont-Ferrant et qui parle un excellent français. Elle est accompagnée de son père très fier de sa fille unique (toujours cette politique de l'enfant unique).


Arrivé au port et ne sachant pas vraiment ou aller, nous prenons au hasard une navette d'un hôtel au nom évocateur « Pharaon Palace ». A priori, pas un mauvais hôtel. Effectivement, en rentrant dans l'hôtel, c'est une reconstitution grandeur nature d'un palais égyptien.

Tout y est : la tête de Touthankamon, les hieroglyphes. Pour rentrer dans la partie casino, je fais établir une carte en montrant mon passeport. Une tête de Horus prends alors une photo de moi  pour l'ajouter au fichier.

 


A l'intérieur du casino, on m'interdit de prendre des photos donc je ne peut que vous raconter. C'est relativement grand, assez rempli pour l'heure matinale et surtout, il y a EXCLUSIVEMENT des chinois... Ce qui fait qu'avec mon physique d'occidental, j'aurais été plus discret si je m'étais promené tout nu. Les gens me regardent, l'un se met à parler en cantonnais puis tous les autres se mettent à rire... Visiblement on se paye ma tête. Je ne m'éternise pas, d'autant qu'ils jouent à des jeux auxquels je ne comprends absolument rien.


En sortant, nous nous dirigeons vers un restaurant qui a l'immense avantage d'avoir des menus en anglais et des prix à deux chiffres (en Pataqa, pour la conversion diviser par 10). Ils proposent des menus variés à base de cuisine portugaise et chinoise bercée d'influences diverses.

 


Pour digérer, je me promène dans le vieux Macao, qui permet au passage de découvrir que tout le monde ne roule pas en Bentley, que les immeubles ne sont pas tous en marbre.

En entrant dans une église, j'assiste à une messe d'un genre nouveau, il n'y a pas de prêtre mais des hauts-parleurs. Tout le monde joue le jeu et les fidèles répondent avec enthousiasme à la voix enregistrée.


Retour dans les casinos qui sont sans cesse plus clinquants. Parmi eux, l'un est un immense immeuble en forme de tulipe dont la partie « bulbe » abrite un casino sur trois immenses étages.


Juste avant de me faire réprimander par trois hommes en costume noir et oreillettes, je parviens à prendre en photo un jeu qui ressemble un peu au juste prix et pour les familiers de la série « How I met your mother », au jeu auquel joue Barney Stinson dans l'épisode à Atlantic City.

 


Le casino suivant est si vaste que j'en distingue à peine l'autre extrémité et qu'il me faut plus de dix minutes de marche pour y arriver. La aussi, je parviens à prendre une photo avant de me faire interpeller par le personnel. J'assiste également à un spectacle fascinant en plein milieu de l'hotel. C'est une sorte de place ronde dont le plafond se retire pour laisser la place à un immense lustre. Puisque ça ne faisait pas assez clinquant, le sol se dérobe pour laisser la place à un arbre recouvert de feuille d'or.


Juste avant de partir, le constate que de nombreux casinos sont encore en construction dont un gigantesque qui ressemble à un temple romain. Je rentre au bateau, quittant cette ile si particulière à la croissance à deux chiffres chaque année et au revenu qui dépasse celui du Nevada ou est situé Las Vegas.

Par Apprenti Juriste - Publié dans : Voyage en Chine
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