Les tribulations d'un français en Chine : Neuvième partie

Publié le par Apprenti Juriste

L'après midi de mon arrivée à Shanghai, je retourne chez le tailleur pour chercher les costumes (et chemises) sur mesure que j'ai fait faire. Le travail est parfait, rien à redire. J'en profite pour flâner dans le quartier, faire d'autres achats et surtout, j'essaye ce qu'un ami américain appelle la « stick food ». Ce sont des sortes de commerces ambulants qui vendent de la nourriture sous forme de mini brochettes. Il est possible de mettre des légumes dessus, de la viande et même des calamars. En plus d'être incroyablement bon marché, c'est délicieux !

 

Shanghai abrite un musée flambant neuf (comme l'intégralité de la ville à vrai dire), le « Shanghai Museaum ». Pour y accéder, je passe à travers une machine à rayon X qui vérifie le contenu de mon sac. Jusque là rien d'extraordinaire, ce qui change de d'habitude est qu'on me demande de boire une gorgée du thé que je transporte pour vérifier que ce ne sont pas des explosifs. Apparemment les explosifs comestibles n'existent pas encore ! Le musée en lui même est tout ce qu'il y a de plus moderne et luxueux. Les collections sont riches, essentiellement de l'art chinois sous formes de poteries, de vases, de calligraphie, de tableaux sur toile de soie...

 

Le jour suivant, je visite les deux plus grandes tours de Shanghai. La première est composée dans sa première moitié de bureaux et dans sa plus haute partie elle héberge l'hotel Hayat. La plus haute est quand à elle exclusivement un hôtel avec une piscine, un restaurant et un bar dans les étages les plus élevés. La vue d'en haut est absolument époustouflante et permet de se rendre compte de l'immensité de la ville. Un coup d'oeuil par la fenêtre fait passer La Défense pour une bourgade de province.

 

Dans l'hôtel hayat se trouve une sorte de cour intérieure qui fait la même taille que le batiment. Ce qui fait que quand vous vous penchez au balcon du 83e étage, vous admirez 400 m de profondeur, avis aux personnes sujettes à vertiges.

Shanghai est également la ville du shopping, il y a des magasins partout, des centre commerciaux sur 15 étages, des galeries marchandes tellement étendues qu'une fois (à la station de métro people square) j'ai passé plus d'une demi heure à en trouver la sortie. Il y a deux types de shopping à Shanghai, les grands magasins avec des prix déterminés à l'avance et les petits ou les prix sont intégralement négociables. En général, les grands magasins sont plus chers que les meilleurs tarifs qu'on peut obtenir dans les petites boutiques mais il y a l'inconvénient de devoir négocier à chaque fois. Parfois la négociation est agréable et d'autre fois, elle prends plutôt la forme d'une discussion musclée, dans tous les cas, c'est un art.

Pour commercer, je conseille de ne pas demander le prix mais de proposer votre propre prix, cela permettra de gagner du temps. Proposer un prix légèrement en dessous de celui que vous souhaitez obtenir mais pas trop bas pour que le vendeur ait l'espoir de faire une bonne vente. Pour avoir un référentiel, c'est grosso modo 1/10 du prix français en ville (il y a juste à changer la monnaie) et 1/15 à la campagne. Attention, je ne parle ici que des produits manufacturés, la nourriture échappe à cette règle.

 

Ensuite, le vendeur va vous proposer un prix élevé qui sera en général le double du votre. La commence la négociation.
Plusieurs techniques s'offrent à vous. La première et la plus simple (mais pas la plus efficace) consiste à répéter votre prix jusqu'à ce que le prix du vendeur baisse assez et ensuite faire une concession pour vous rejoindre. La deuxième consiste à critiquer le produite ou à prétendre que vous l'avez eu pour beaucoup moins cher ailleurs. La troisième -ma préférée- consiste à prétendre que vous ne pouvez payer ce prix là et que vous aller acheter dans un autre magasin, puis de sortir du magasin. 90 % du temps on vous rattrapera en vous accordant votre prix. Attention cependant à ne pas utiliser cette technique trop tôt. Si le vendeur a passé du temps avec vous, il vous rattrapera et vous proposera le prix que vous souhaitez ou un prix s'approchant.
Pour le reste, il faut y aller au flair, en particulier en ce qui concerne la qualité qui est loin d'être omniprésente.

 

Il est temps de prendre mon vol de retour. Pour aller à l'aéroport, j'emprunte le maglev, un train électromagnétique (mettre un lien) capable d'atteindre 500 km/h.  Les accélérations sont stupéfiantes et le trajet d'une rapidité sans concurrence.

 

De retour en France, je redécouvre mon propre pays à la lumière de tout ce que je viens de voir en Chine. Ma première réaction est que les transports en communs francilien font vraiment penser à un pays sous développé. C'est vieux, sale, et plein de tags. Ce qui surprends également c'est le sentiment d'insécurité. Je ne m'en étais jamais rendu compte mais il n'y a pas de loubards en Chine, il est possible de se balader à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit n'importe ou dans le pays sans une seconde ne pas se sentir en sécurité. Parmi les bons coté, il est très agréable de retrouver un climat favorable, une gastronomie fabuleuse et au delà de tout ça, le calme bien mérité...

Publié dans Voyage en Chine

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KyCe 27/10/2009 14:10


Ce qui surprends également c'est le sentiment d'insécurité. Je ne m'en étais jamais rendu compte mais il n'y a pas de loubards en Chine, il est possible de se balader à n'importe quelle heure du
jour ou de la nuit n'importe ou dans le pays sans une seconde ne pas se sentir en sécurité. "He who trades liberty for security deserves neither and will loose both" (Jefferson). Je préfère avoir
des loubards et ma liberté qu'aller dans un Etat sécuritaire comme la Chine où on massacre les tibétins en silence, où le net est sous la censure permanente, et où on ne peut rien faire qui
déplaise au Gouvernement sans être envoyé en prison illico presto...


Apprenti Juriste 27/10/2009 18:57



De mon point de vue, la quasi-absence de petite délinquance n'a rien à voir avec la répression Etatique. Un exemple qui pourra je l'espère vous convaincre : la fabrication de fausse monnaie est
punie de la peine de mort. Chaque année des dizaines de chinois sont exécutés pour en avoir fabriqué, pourtant il y en a absolument partout. Il serait illusoire de penser que dans un pays aussi
difficilement contrôlable que celui là, le gouvernement ait pu par sa seule politique répressive éradiquer toute délinquance.
L'absence de délinquance est à mon avis uniquement culturelle. Les chinois attachent beaucoup d'importance à l'honneur (qui ne recoupe toutefois pas exactement la perception occidentale de
l'honneur) et pour eux, la délinquance c'est justement perdre cet honneur.