Une société hétéronormée conditionnée par le genre

Publié le par Apprenti Juriste

Cet article est intégralement écrit par félicia, collègue, amie et grande spécialiste des questions liées au genre. Si vous avez des questions ou remarques, mettez les en commentaire, je lui transmettrai.

 

C’est le sexe, attribut physique qui conditionne l’être à évoluer en tant que femme ou homme. Ainsi, la société éduque un individu conformément à toute la symbolique propre à chacun de ces genres. Dès lors, en plus d’être formaté dans un de ces rôles, l’être n’a pas le choix de n’adhérer à aucune de ces catégories.

« Prenez moi pour un homme ou une femme, comme vous voudrez, je ne suis ni l’un ni l’autre, je suis un être ». George Sand.

Le genre n’est pas à considéré comme acquis de manière définitive et irrémédiable. Le genre évolue avec l’être, en fonction de ses propres expériences.

Afin de dépasser cette barrière du genre qui nous bloque tous, il faut être conscient que nous sommes bourrés de codes que nous n’identifions pas tous. La société est construite de façon binaire et selon un schéma hétérosexuel. C’est à partir de là que se façonnent les catégories genrées. Il parait évident qu’avoir une référence pour se construire, pour identifier l’autre dans les relations sociales rassure et permet de s’identifier soi même. La difficulté viendrait alors du manque de prise de conscience de l’enfermement social que cela produit.

En effet, l’exemple le plus frappant est celui des magasins de jouets. Le rayon destiné aux « filles » est rose et regorge de poupées, dinettes et fer à repasser. Pour faire « comme maman », devenir une bonne épouse, une bonne mère, et une bonne maitresse de maison. Quant au rayon destiné aux « garçons », il est généralement bleu et propose des voitures, des costumes de gendarme et des mécanos. Pour faire « comme  papa ». Il sera ainsi un « homme, un vrai », « un homme fort et qui ne pleure pas ».

De même, la question des genres va de pair avec l’hétérosexualité qui domine la société. En effet, à leur adolescence, ces « petits garçons » ou « petites filles », sont présupposé-es hétéro par leur entourage, et dans le cas contraire, c’est à eux d’annoncer leur homosexualité, au risque d’être rejeté. La société est hétéronormée en ce que les rôles prédéfinis et assignés à chaque sexe conditionnent la relation entre un homme et une femme. Les symboles correspondant à chaque genre ont été eux même définis par rapport à ce type de relation hétérosexuelle. Dès sa naissance, l’être est formaté, on lui inculque les valeurs propres à son sexe, sans se soucier de la véritable personnalité humaine. L’être a ainsi l’impression que « c’est comme ça », mais le genre n’est pas une question de fatalité.

Remettre en cause la société hétéronormée permet de s’ouvrir aux possibilités illimitées de l’existence, se rendre compte qu’il est possible de choisir. Ce choix n’implique pas nécessairement des transformations chirurgicales ; le genre est avant tout une manière de s’identifier, de penser la société et les rapports humains différemment. Bousculer les genres permet de reconsidérer sa manière de vivre.

La société reste construite selon un schéma binaire hétéronormé qui ne laisse aucune place à l’alternative. La transidentité s’exprime différemment selon les individu-es, elle existe selon différents degrés, elle ne traduit pas un état psychologique déséquilibré, instable et fragile mais prouve les possibilités illimitées de l’existence.

Félicia


Pour approfondir :

Judith Butler : « Trouble dans le genre »

Voir le film sur la page d’accueil de : http://naiel.net 

Publié dans Un peu de tout

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Alex 29/05/2009 14:26

Très bon article !!

débo 26/04/2009 16:31

Vous avez très bien expliqué en une page ce que notre prof d'SES nous a expliqué en un chapitre ("La socialisation différentielle")!