Suicide d'un mineur en prison, le rapport

Publié le par Apprenti Juriste

Le 2 février 2008, Julien, 16 ans, dans une énième tentative met fin à ses jours. Cela arrive à un certain nombre d'adolescent et pourtant cette fois-ci, le monde journalistique va s'indigner . Pourquoi ? Parce que Julien est l'auteur de quarante deux infractions, dont plusieurs vols avec violence et qu'il s'est suicidé au sein d'une prison. Obligatoirement, c'est de la faute de la prison, et pire, de l'horrible juge qui a osé mettre ce gentil petit gamin dans une grande méchante prison pleine de barreaux et de surveillants sadiques qui ont du le torturer jusqu'à ce qu'il mette fin à sa souffrance.

En fait ce n'est pas tout à fait cela, un certain nombre de mesures ont été prises avant d'en arriver là, le juge à appliquer la loi avec parcimonie et si ce jeune homme s'est suicidé, cela a beau être très triste, on ne peut pas jeter la responsabilité sur tout un chacun pour cela.

Un rapport a été commandé par Mme Mathon-Ponat, sénatrice de la Loire, à la commission nationale de déontologie et de sécurité. De ce rapport, certains ont retenu des graves lacunes du système pénitentière. Après l'avoir lu et relu, j'en retiens plusieurs choses. Un gardien pour deux détenus, on est quand même loin de la surpopulation carcérale qui existe ailleurs. Un suivi individualisé avec des surveillants qui tiennent un cahier pour relater les moindres évènements. Un mineur extrêmement difficile à gérer avec des accès de violence fréquents.

Quand aux fameuses "lacunes", il est vrai qu'il y a eu à certaines étapes un manque de concertation mais de la à les qualifier de "graves", chacun appréciera.

Alors que le système pénitentiaire français est critiquable par tant d'aspects, prendre une de nos (quelques) prisons modèles pour le critiquer, c'est au mieux de l'incohérence, au pire de l'incompétence.

Publié dans Un peu de tout

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