Golfe d'Aden : le retour de la piraterie !

Publié le par Apprenti Juriste

Vous en avez sans doute entendu parler, en ce moment, les actes de piraterie se multiplient au large des cotes Somaliennes et en particulier dans le golfe d'Aden. Piraterie, le genre de mot qui évoque plus les corsaires et les bateaux à voile que le 21e siècle... et pourtant ! La piraterie connait une croissance exponentielle depuis une dizaine d'années. Jugez plutôt : 209 attaques durant la période 1994-1999 et  2463 entre 2000 et fin 2006.

Il y a eu l'affaire du Ponant, navire de luxe Français dont les 30 membres d'équipages furent pris en otage avant que le versement d'une rançon entraine leur libération. Une fois arrivés à terre certains des membres du commando ont d'ailleurs été arrêtés dans une opération menée d'une main de maïtre par l'armée Française.

Le 25 septembre 2008, un navire ukrainien, le Faina, transportant entre autre 33 chars de combat T-72 est pris en otage par des pirates somaliens. Le navire est encerclé depuis par l'US Navy qui l'empêche de débarquer cette cargaison et la marine russe dépêche des navires sur zone.

Dimanche, le Sirius Star propriété du Géant Soudien du pétrole Aramco est pris d'assault. C'est un super tanker, un navire grand comme trois porte avions qui transporte deux millions de barrils de pétrole. Une prise de 250 millions de dollars dont 100 millions rien que pour la cargaison. Autant de dire que l'Arabie Saoudite voit rouge. Une demande de rançon a été adressée et mais aucune autre information n'a flitrée pour le moment.

Enfin dans la seule journée de mardi trois navires ont été assaillis : un chalutier thaïlandais, un cargo Iranien mais battant pavillon de Hong-Kong et un navire grec.

Enfin hier, un navire de guerre indien a eu une altercation avec un bateau pirate qu'il a détruit. Il faut dire que les indiens souffrent beaucoup de cette piraterie. En plus de leurs navires victimes, les équipages des bateaux de toutes nationalités sont souvent indiens.

Pourquoi autant d'attaques ?

C'est d'abord la facilité qui attire les pirates. En effet, les équipages des navires cargos sont peu nombreux et non armés (une vingtaine d'hommes sur un navire de 150 mètres). Non seulement cet équipage n'oppose que peu de résistance ce qu'on peut comprendre de la part de civils sans défense opposés à des hommes lourdement armés, mais en plus ils peuvent servir d'otages. Quand les navires appartient à des pays comme les pays occidentaux ou la vie humaine à autant de valeur, il serait très mal vu de lancer une opération militaire et de risquer la vie des marins.

Les navires marchands se déplacent à des vitesses faibles (entre 20 et 40 kilomètres par heure), sont peu manœuvrants et, chargés, ils peuvent être assez bas sur l'eau permettant ainsi un abordage aisé.

Les équipages, embarquant pour une durée de neuf mois en moyenne, proviennent en grande partie des pays en voie de développement (Asie - Afrique) et reçoivent la majeure partie de leur salaire en liquide à bord. En plus, les droits de payage sont souvent payés en liquide, les montants à bord sont donc souvent énormes. En plus, la prise d'otages peut donner lieux à des remises de rançon qui sont des montants considérables.

Pourquoi une telle recrudescence ?

D'abord la croissance du commerce international multiplie les cargos qui transportent les marchandises des pays producteurs aux pays consommateurs. Mais ceci ne permet pas d'expliquer une telle progression.

Ensuite, certains pays sont tout bonnement incapable d'exercer un quelconque contrôle sur leurs eaux. Les eaux territoriales sont la surface maritime sur laquelle l'Etat exerce sa souverraineté. En clair, ce sont des eaux qui font partie intégrantes du territoire national. La règle est que les eux s'étendent 12 miles marins (20 km) au delà des cotes. Ensuite, ce sont les eaux internationales.

Or, qui combat la piraterie aujourd'hui ? Les flottes militaires. Mais la plupart de ces flottes sont étrangères aux pays dans lesquels sévissent les pirates. Or si des militaires pénètrent dans les eaux territoriales, cela peut être constitué comme un acte de guerre. Les militaires étrangers ne peuvent intervenir que dans les eaux internationales.

Prenons l'exemple de la Somalie qui fait beaucoup parler d'elle. L'Etat somalien est en déroute complète, mis à part la capitale il ne contrôle strictement rien et encore moins son espace maritime. Les pirates peuvent donc agir tranquillement et ne craignent pas d'être inquiétés. Ils se déplacent jusqu'aux eaux internationales ou transitent les navires, en capturent un qu'il ramène aussitôt le long de scotes. Le temps qu'un navire de guerre les ai pris en chasse, ils sont intouchables.

Pour parer à ce problème, le gouvernement Somalien donnait dans un premier temps des autorisations au cas par cas. Mais devant la multiplication du nombre d'actes, il a donné l'autorisation aux navires de certains pays de poursuivre des pirates éventuels au sein des eaux territoriales.

C'est une avancée mais ça ne règle pas tout. La misère qui règne dans ce pays et l'appat du gain que constitue la piraterie pousse de plus en plus d'hommes à tenter l'aventure. Les mers sont immense et leur contrôle n'est pas une mince affaire.

Un ensemble de mesures ont été prises pour lutter contre ce fléau.


La Combined Task Force 150 a été crée en 2002. Au départ, elle avait pour but de lutter contre le terrorisme mais elle s'occupe de plus en plus de lutter contre la piraterie. Elle est composée par une coalition internationale dont la France fait partie mais qui s'appuie essentiellement sur la 5e flotte navale américaine.

Depuis 2006, les navires cargos possèdent tous un système « d'alarme silencieuse » par satellite en réponse au développement de la piraterie. Ce système d'alarme, activé manuellement à bord de deux endroits gardés secrets, n'a aucune manifestation physique sur le navire mais envoie des données par communication satellitaire.

Cependant, ces mesures sont encore insuffisantes et on peut craindre que les actes de piraterie continuent. L'entrée dans la partie de l'Arabie Soudite pourrait par ailleurs changer la donne. En effet sa survie est liée au commerce du pétrole et si elle fera tout pour pouvoir continuer à l'exporter en toute quiétude. Aussi on peut s'attendre à un investissement massif de sa part pour lutter contre la piraterie.


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