Pauvreté en Afrique et dans le monde

Publié le par Apprenti Juriste

Je transmets pour cet article la parole à un ami qui pourra traiter bien mieux que moi d'un sujet dont nous avons débattu récemment : la pauvreté dans le monde.

Je souhaite intervenir sur le blog notamment pour répondre aux commentaires sur l’article de mon ami Bobby (rédacteur principal d'apprenti-juriste) concernant la faim dans le monde. Ayant de nombreuses fois voyagé à la fois en Afrique (Kenya, Sénégal, Egypte, Maroc, Tunisie…) et en Asie (Indonésie) j’ai maintenant le désir à la fois de vous faire partager mon expérience mais aussi de faire un peu redescendre certains sur terre.

Juriste oblige je vais donc vous exprimer mon point de vue en deux parties ^^ : en m’intéressant dans un premier temps à la situation économique dans les pays africains et en les comparant avec les pays asiatiques. Puis dans un second temps je me pencherai sur la situation humanitaire, sanitaire et sociale dans ces pays (puisque certains ont l’air d’y tenir).

Sur le fait de leur économie, il faut faire une distinction entre les gouvernements et leurs populations… Certes, la majeure partie de la population africaine a faim, mais que se passe-t-il en Afrique pour que tant de gens souffrent de la faim ? Quand je lis que personne dans les pays occidentaux ne lève le petit doigt pour les aider, je saute au plafond, sachant par exemple qu’en 2005 le FMI a annulé en totalité la dette de treize pays africains, ou encore que la Chine a elle aussi annulé celle de trente et un pays africains et le canada encore celle de trois autres pays (toujours africains), le tout pour près de 11 milliards de dollars !! La situation dans ces pays ne s’est pas pour autant améliorée.

Le Sénégal a plusieurs fois bénéficié de ces annulations, et par un heureux hasard il se trouve que j’y suis allé mais aussi que j’y suis resté assez longtemps pour en apprendre un peu sur les gens, la coutume et le pays en général. Ce pays est rongé par la corruption, le racket, la violence et la fainéantise.

C’est assez impressionnant la première fois que l’on se fait arrêter par un flic sur la route et qu’il vous demande de l’argent en vous menaçant de ne pas vous laisser passer si vous refusez de payer. Remarquez, les sénégalais relativisent ce phénomène en le qualifiant de « péage local ». La première fois donc c’est impressionnant, la seconde fois (15 km plus loin) ça surprend, et après ça devient routinier…

Sympa aussi le billet glissé dans la main du flic qui est censé vous verbaliser pour telle ou telle raison (plus ou moins valable d’ailleurs)...

Je pense aussi que les conflits armés sont pour une grande part dans l’instabilité des pays africains : on a connu les affrontements à la frontière sénégalo-mauritanienne mais aussi au conflit en Casamance (région située au Sud du Sénégal et enclavée entre la Gambie et la Guinée-Bissau), ou encore les incursions tanzaniennes au Sud-ouest du Kenya (accompagnement d’un garde armé obligatoire), la guerre civile en Somalie, les attaques au Sud de l’Egypte près de la frontière soudanaise (circulation en convois militaire là aussi obligatoire) et j’en passe….

Enfin, et je pense que là est la source de tous leurs problèmes, la fainéantise ! Je laisserai mon ami Bobby vous faire part de son exemple de l’ouvrier marocain, qui n’est par ailleurs qu’une anecdote comparé à l’ampleur de la chose en Afrique (qu’elle soit noire ou maghrébine). [NDLR : Lors de mon séjour à Casablanca j’ai habité près du consulat d’Espagne. L’immeuble jouxtant le mien était en travaux. Le chef de chantier passait une fois par jour, le matin. Aussi, les ouvriers travaillaient uniquement de nuit pour essayer tant bien que mal de montrer le matin venu que les choses avaient avancé. Et c’est comme ça pour tout. Même en tant que client il faut revenir plusieurs fois pour obtenir ce que l’on souhaite.] Je maintiens donc par ailleurs que si l’immigration africaine est forte c’est certainement parce que leur vie n’est pas facile mais aussi, et surtout parce que « en France on a des alloc’ et que ne pas travailler en France rapporte BEAUCOUP plus que de ne pas travailler en Afrique » (dixit un sénégalais refoulé plusieurs fois à la frontière).

Tout cela est bien dommage quand on sait qu’ils pourraient avoir tellement mieux… et pourtant on les aide ces africains : entre les ONG, les tours opérateurs qui coopèrent économiquement avec les villages du Ferlo par exemple (le trou du cul du monde, dans l’Est du Sénégal, tellement perdu que les sénégalais eux-mêmes n’y vont pas), les aides gouvernementales etc… qu’on ne me dise pas qu’ils sont seuls…

Et si on comparait avec les pays asiatiques ? La Chine, le Japon, la Malaisie, l’Indonésie… Alors bon ok, comme je ne suis allé qu’en Indonésie je me tairai sur les trois pays cités avant (j’incite les boulimiques d’infos à se replonger dans leur cours de géographie de terminale sur l’Asie pour les (ex)ES, et pour les autres, d’abord de regretter d’avoir choisi la mauvaise filière, puis de demander le partage des cours à leurs camarades). Or donc, l’Indonésie… ce pays est situé juste au Sud des Philippines qui est l’un des pays les plus pauvres du monde. MAIS ils s’en sortent… pour la simple et bonne raison qu’ils travaillent. Et si ! Et si ! Ils se démerdent comme ils peuvent mais ils irriguent, plantent,  récoltent, stockent, économisent et s’enrichissent peu à peu. Ne parle-t-on pas des « quatre dragons » et des « bébés tigres » ? La Chine n’est-elle pas en passe de devenir la première puissance mondiale ? Il n’y a pas 36 solutions… ils travaillent (et ils magouillent aussi, mais ça chut ! Faut pas le dire ^^).

Voici donc la première partie de mon raisonnement qui s’achève. Passons maintenant à la partie tant attendue : la situation humanitaire, sanitaire et sociale dans ces pays. 

On crache sur les américains, mais les égyptiens ne sont pas meilleurs : la construction du barrage d'Assouan a provoqué des désastres écologiques sur les rives du Nil, des milliers de gens ont du être déplacés. Alors évidemment ça partait d’une bonne volonté, mais ça a juste pas mal raté quoi… Petite histoire : le barrage d'Assouan est un barrage hydroélectrique construit en 1970 à sept kilomètres en amont d’Assouan sur le Nil en Haute-Egypte et a été décrit comme un des plus grands du monde. Il a été financé par les soviétiques et construit sur la volonté de Nasser (non aligné… mon œil !). Le principe de départ était que en régulant les crues du Nil, les égyptiens pourraient, en plus de la fabrication énergétique, planter plus et récolter plus. Sur le papier ça marchait (comme le communisme ^^), sauf que le barrage a en fait retenu la majeure partie des limons qui nourrissaient la terre et a plus provoqué la chute massive des productions céréalières que son augmentation. Panique à bord ! Surtout qu’en plus de cela Nasser engloutissait des dizaines de temples tous plus importants les uns que les autres pour l’Histoire de la civilisation égyptienne. Je vous éviterai le passage « maladie, écologie et autres catastrophes », je vous renvoie pour cela à mon pote Wikipedia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Haut_barrage_d'Assouan). Toujours pour l’Egypte, les environs du Caire ne sont qu’un vaste dépotoir, pollués et salis de tas d’immondices plus ou moins visibles. La pollution atmosphérique atteint des sommets , à tel point qu’en pleine journée, insidieusement, les pyramides et le sphinx se cachent à la vue du monde, recouverts par une brume acide de plus en plus épaisse chaque jour. Il en va de même pour les autres pays africains qui ne soignent ni leurs terres ni leurs littoraux (cf. photo de Mombassa et de Saint-Louis).

Tout cela va de pair avec les maladies qui rongent l’Afrique. C’est bien de faire de la prévention contre le SIDA et d’autres maladies… ça serait encore mieux si on nous écoutait ! Il faut se rendre compte que ces gens ne vivent pas dans le même monde que nous : j’ai encore en mémoire une discussion que j’ai eu avec un sénégalais un jour et ce brave homme me disait que le SIDA N’EXISTAIT PAS ! Il m’a prouvé par A+B que cette maladie était une invention des « blancs » pour mettre le continent africain sous pression ! « Le SIDA n’existe pas ! Le SIDA n’existe pas ! Le paludisme oui ! Mais le SIDA non ! ». Que faire face à des gens qui refusent d’être aidés ?

Pour finir, le problème africain, et plus largement du tiers monde, est plus profond qu’un simple refus d’aide des nations occidentales « capitalistes ». Il est ancré dans la culture même, dans la mentalité des populations touchées et des préventions ne peuvent seules faire changer leur condition. Il leur faut prendre conscience eux-mêmes des choix à faire, du travail à accomplir et l’effacement de toutes les dettes possibles, loin de les aider, ne feront que les inciter à continuer dans cette voie.

J’espère que cette petite intervention vous aura intéressé et je serai ravi de répondre à toutes les questions qui vont passeront par la tête concernant le cas africain notamment.

Votre bien dévoué Tuck…

Publié dans Economie

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Tuck 02/01/2009 01:05

A mon avis, il n'y en aura pas... ^^

Alex 02/01/2009 01:03

Tuck a un ticket on dirait...pour le cimetière s'il croise Marion ^^A quand le second round ??

Tuck 28/12/2008 10:38

Et toi, chère Marion, tu argumentes? Tu ne fais que vociférer des affirmations gratuites sur ma famille et moi-même!! Où est la pertinence là dedans? Je ne répondrai donc pas à ce commentaire qui ne prend même pas la peine de réfléchir au contenu de mon article, sans même parler du respect de ses opinions. Car quand on veut se faire entendre, légitimement faire valoir ses idées et être crédible, il faut avant tout savoir rester courtois.Sur ce, je vous souhaite à tous de très bonnes fêtes de fin d'année. J't'embrasse mon p'tit Bobby et encore bravo pour tes 1000 visiteurs .

marion 22/12/2008 05:37

Cher ami de Bobby, ton intervention est à gerber. La 1ère question que je pose est "pourquoi ne restes-tu pas chez toi dans ta famille de gros bourges de pures souche française?" Visiblement, tu prêtes aux africains tous les défauts du monde. Pire encore, tu estimes savoir de quoi il retourne alors que tu n'as été qu'un simple visiteur, visiteur plein de mauvais a priori en plus. Si tu mésestimes autant les populations qui vivent un peu plus au sud, reste chez toi et surtout n'en parle pas. D'autant plus que tu en parles très mal: moi même ayant été étudiante en droit (et de passage en Afrique de surcroi), je te dirai simplement qu'un plan juridique comporte deux parties ARGUMENTEES, or tes arguments sont désespérement plats et ne mènent à aucune conclusion intéressante: en un mot tu parles pour rien, et tu arrives à en parler si mal que tu fais honte à tous les étudiants en droit.Fais-moi plaisir, n'y retourne surtout pas!

Apprenti Juriste 28/12/2008 00:52


Mis à part "pourquoi ne restes-tu pas chez toi dans ta famille de gros bourges de pures souche française?", ce commentaire a une certaine pertinence et c'est pourquoi j'ai choisi de le conserver.
Je laisse l'interessé exprimer son point de vue.


Alex 18/10/2008 19:37

En même temps on peut pas leur en vouloir de plus nous croire, la fois précédente où les blancs sont venus les aider on les a massacré et réduit en esclavage...