Violence policière ou force policière ?

Publié le par Apprenti Juriste

Un évènement survenu avant-hier m’a particulièrement interpellé.

Alors que j’attendais un ami dans un hall de gare, un homme ivre mort se dirige vers les portillons. Le problème c’est qu’entre lui et les portillons il y avait une rangée de contrôleurs. Ce Monsieur choisit de traverser cette ligne en « courant ». Il a la vingtaine, est assez grand et parait sportif, les contrôleurs ne s’interposent pas plus que ça. Par contre, pour les assister, il y a la police ferroviaire qui eux rattrapent notre homme alors qu’il s’étale contre les portillons ne parvenant pas à les traverser.

S’en suit une discussion, le ton monte et l’homme met un coup de poing à un des policiers (voyez ici la sanction à laquelle s’expose ainsi le jeune homme).

Aussitôt les trois hommes alors présents tentent de maitriser l’homme. Dans le même temps la foule commence à s’ameuter autour de l’interpellation attirée par les cris de l’homme. Celui-ci est enragé, les trois policiers parviennent à peine à le maitriser, il se débat dans tous les sens. Ils sont aidés par leurs collègues et maintiennent l’homme à terre. Il continue à crier « arrêter, vous me faites mal », à mon avis pour s’attirer les faveurs de la foule. La réalité c’est qu’il se débat tellement que les policiers ont du mal à le tenir.

Dans l’assistance il y a une jeune femme, la vingtaine elle aussi, cadre d’après sa tenue et le fait qu’elle soit sortie de la librairie avec le journal les échos. Et la elle prononce la phrase qui m’a profondément agacé, s’assistant aux policiers elle trouve utile de se poser en contestatrice «Arrêtez, vous voyez bien que vous lui faites mal ».

Soyons clairs, à ce moment précis, les policiers ne frappent pas l’homme, il le maintienne seulement à terre. Je me tourne vers elle et lui dit dans un langage que je traduis ici dans un niveau de langue bien supérieur :
- Chère demoiselle, veuillez reconsidérer votre position, nos dépositaires de la force publique ici présents ne sont pas les agresseurs, ils sont les agressés.

La femme me dévisage comme si je venais d’insulter toute sa descendance :
- Non mais vous voyez bien qu’il a mal.
- Moi je vois un homme violent qu’ils interpellent avant qu’ils s’en prennent à d’autres dont vous faites partie. Je ne vous demande pas de les remercier mais au moins ayez la descende de vous taire et de les laisser travailler.

Je vous passe le reste de la discussion qui n’a absolument aucun intérêt. Aucun de nous n’a dévié de sa position.

Pendant ce temps les policiers évacuent le gentil-petit-citoyen-honnête-violemment- torturé-par-les-gros-méchants-policiers qui au passage brise la vitre du sas (pour les voyageurs avec beaucoup de bagages) d’un coup de pied.

Limites posées au policier quand à l’usage de la force.


Les policiers ont le droit d’utiliser la force c'est-à-dire qu’ils ont droit d’utiliser leur force physique pour contraindre quelqu'un. Par contre ils n’ont pas le droit d’utiliser la violence, ils ne peuvent pas frapper quelqu’un. Ceci est détaillé dans les articles 9 et 10 du code de déontologie de la Police nationale.

Pour conclure, je trouve tout à fait normal de dénoncer les policiers quand il y a des abus, il m’est arrivé de le faire. Mais quand ils font correctement leur travail, il n’y a qu’une seule chose à faire : les féliciter !

Publié dans Droit

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